La quantification du stress mécanique - Sarah Dumont

Sarah Dumont est kinésithérapeute du sport sur la ville de Montpellier. Elle accompagne les sportifs dans l’exercice de leur activité physique et la gestion de leurs blessures et douleurs.

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Bonjour Mme Dumont,

POUR COMMENCER POUVEZ-VOUS NOUS EXPLIQUER CE QU'EST LA QUANTIFICATION DU STRESS MÉCANIQUE ?

Le stress mécanique

Le stress mécanique correspond aux différentes contraintes physiques que l’on va imposer à notre corps tout au long de notre vie quotidienne à travers le sport, le travail, la vie personnelle.

Il existe donc plusieurs origines du stress.

Ce stress va augmenter en fonction de l’intensité que l’on met dans la pratique, exemple pour la course à pied : modifier la vitesse, la charge ou le volume de l'entraînement. Augmenter le stress mécanique va pouvoir engendrer des adaptations du corps, dans la mesure où le stress appliqué ne dépasse pas la capacité maximale d’adaptation.

La quantification du stress mécanique

Le fait de pouvoir quantifier ce stress va nous aider dans l’adaptation de l'entraînement du sportif lors d’une blessure, ou lors d’un changement dans nos activités quotidiennes…

Il existe différents niveaux de stress. Ce dernier varie en fonction de la mécanique de l’activité physique exercée par le sportif.

Par exemple : la natation génère moins de contraintes mécaniques car le corps est en apesanteur dans l’eau, par rapport à la course à pied qui est un sport plus intense en terme de stress mécanique.

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COMMENT ÉVALUER LE NIVEAU DE STRESS ? ET COMMENT LE CORPS PEUT-IL S'ADAPTER AU STRESS ?

La quantification ne signifie pas évaluation : il ne s’agit pas d’un test. En revanche, on connaît, en fonction du sport et de sa biomécanique, le type de stress qui va être engendré.

Le corps a une très grande capacité d’adaptation, mais celle-ci varie en fonction de chaque sportif. Dans tous les cas, il existe une limite à cette capacité d’adaptation. Lorsque cette limite est franchie cela va générer des douleurs et conduire à des blessures.

Il faut savoir quantifier son stress afin d’aider le corps à s’adapter le plus facilement possible et ne pas dépasser la ligne rouge.

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DE QUELLE FAÇON LA QUANTIFICATION DU STRESS DIMINUE-T-ELLE LE RISQUE DE BLESSURE ?

Le maître mot : la progression !

Il faut toujours rester dans la zone d’adaptation, en générant un stress suffisant pour créer des adaptations tout en restant en dessous la capacité maximale. L’idée est d’augmenter progressivement la capacité maximale d’adaptation.

Pour un débutant par exemple, on pourrait commencer un entraînement 2 ou 3 fois par semaine, puis on augmentera progressivement la durée, la fréquence et l’intensité des séances, en ne veillant à ne modifier chaque semaine qu’un seul de ces paramètres. Quelqu’un qui commence la course à pied, avec un entraînement bien spécifique, pourra faire un marathon au bout de quelques mois en suivant une bonne préparation progressive. Ce qui va nous guider va être l’apparition ou non des douleurs afin de juger s’il faut diminuer l'entraînement en intensité ou en durée.

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QUEL TYPE DE PRÉVENTION FAITES-VOUS AUPRÈS DES SPORTIFS À CE SUJET ?

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J’explique le schéma ci-dessus aux sportifs, afin de leur permettre de comprendre la capacité d’adaptation, la capacité maximale et l’idée de progressivité. Ce que j’essaye de faire comprendre aux sportifs, c’est que malgré une gêne ou une douleur il est rarement nécessaire de s’arrêter, mais il faut souvent, tout simplement, adapter son entraînement. Typiquement, un coureur blessé n’aura pas à s’arrêter complètement, mais seulement à adapter son entraînement (diminuer vitesse, charge ou volume) en fonction de sa pathologie. L’idée est de faire comprendre au sportif l’idée de stress mécanique variable.

Le but principal est de pouvoir poursuivre un entraînement malgré une blessure tout en s’adaptant à son corps.

Il est évident que tout cela dépend de la blessure, je fais surtout référence aux tendinopathies. Le tendon est une structure extrêmement dynamique qui ne demande qu'à travailler, si on identifie le problème on peut continuer le travail d’une manière différente en évitant de trop solliciter la zone douloureuse.

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AURIEZ-VOUS DES CONSEILS À APPORTER À NOS SPORTIFS POUR LES AIDER DANS LEUR GESTION DU STRESS ?

. Être progressif dans ses entrainements, identifier l'intensité du sport que l'on pratique . Privilégier la régularité de l'activité physique plutôt que la durée des entraînements

Ne pas oublier qu'avant tout, le sport doit rester un moment agréable !

Merci Mme Dumont toutes ses informations autour de la quantification du stress mécanique.

sarah dumont.png SARAH DUMONT Kinésithérapeute Lien vers le profil Mon Staff Médical